Entretien avec Arnaud Aregba, sportif de haut niveau en judo et étudiant en licence Économie et Gestion à la FSEG

Publié le 8 juillet 2021

Arnaud Aregba, 3e en coupe d’Europe Junior 2021 à Sarajevo dans la catégorie des moins de 81 KG, était aussi en 1e année de licence Économie et Gestion 2020-2021, et interne à l’Institut national du sport, de l'expertise et de la performance (INSEP) à Vincennes. Il a rejoint depuis maintenant 2 saisons le PSG Judo et poursuivra ses études dans le cadre d’un parcours aménagé pour les étudiants sportifs de haut niveau en coopération entre l’UPEC et l’INSEP. Retour sur une année académique aussi stimulante qu’inspirante.

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1. À 19 ans, vous êtes déjà champion de France cadets en -81kg, champion olympique de la jeunesse à Baku, 3e à la coupe d’Europe junior de Sarajevo cette année, et désormais également étudiant en Licence Economie et gestion, après quels nouveaux titres et diplômes courrez-vous en 2021-2022 ?

Arnaud Aregba   Après cette année olympique les compteurs pour Paris 2024 seront remis à zéro, c’est pourquoi j’aimerais m’imposer en tant que n°1 de la catégorie des -81KG. Tout d’abord dans ma catégorie d’âge en remportant les championnats d’Europe et du Monde junior. Je vise également le titre de champion de France 1ère division et des podiums sur des Grands Slams pour bien débuter sur le circuit international sénior.  
Pour ce qui est de mon cursus scolaire, j’aimerais valider ma L1 et commencer en simultané à valider une partie de ma L2. 

@aregboubou    https://www.instagram.com/aregboubou/?hl=fr

2. Comment parvenez-vous à concilier le sport de haut niveau et les études supérieures ?

AA   Ce n’est tout d’abord possible que grâce à un aménagement de mon emploi du temps et une collaboration efficace entre l’UPEC et l’INSEP (Institut National du Sport de l’Expertise et de la Performance). Mais la précieuse aide, l’écoute et la compréhension que m’apporte monsieur Legendre (responsable pédagogique de la L1 d’Économie et Gestion) joue un rôle clé dans ma réussite académique. 
C’est également beaucoup de rigueur qu’il faut s’imposer à soi même au quotidien, mais comme je suis profondément intéressé par ce que je fais, et surtout que je sais pourquoi je le fais, j’arrive pour l’instant à mener de front mon double projet.

3. Quels sont les aménagements prévus pour que vous puissiez continuer à exceller autant en judo que dans vos études à la Faculté de sciences économiques et de gestion ?

AA     Afin que je puisse viser le maximum d’un point de vue académique et sportif en accord avec le responsable de la licence j’ai pris la décision de faire mes 2 premières années de Licence en 3 ans. Pour me permettre de faire mes 14 heures d’entrainements hebdomadaires, certains de mes camarades ont la gentillesse de m’envoyer les cours magistraux auxquels je ne peux souvent pas assister et j’ai la possibilité d’intégrer des groupes de TD différents pour faire correspondre mes horaires de cours et d’entrainement. Je déplace également certaines séances de préparation physique que je fais seul de mon côté.

4. Pourquoi s’engager dans des études supérieures lorsque l’on est sportif de haut niveau ?

AA   Tout d’abord pour son épanouissement intellectuel, je pense que c’est important ! Puis d’un point de vue plus pragmatique, la carrière d’un judoka s’arrête aux environs de 30 ans et la fin d’une carrière n’est pas la fin d’une vie, il faut ensuite aller de l’avant. De plus on n’est jamais à l’abri d’une blessure grave où même une saison compliquée, c’est pourquoi c’est rassurant d’avoir quelque chose à côté de son sport, ça enlève une partie de la pression qui est déjà énorme. 

5. Un mental de champion, c’est quoi pour vous ?  

AA     Je pense qu’un mental de champion c’est  une détermination et une ambition à toute épreuve, c’est tout d'abord être conscient que l’échec est inévitable et qu’il faut l’accepter pour se construire sans pour autant s’en accommoder. C’est également  une liberté dans la rigueur, se sentir bien dans la pression. Mais un mental de champion c’est avant tout une singularité assumée et développée. Il n’y a pas « un mental de champion ». 

6. Pourriez-vous nous résumer une journée classique pour vous, sportif de haut niveau et étudiant ?

AA     Je me lève à 6H45 pour pouvoir déjeuner avant d’aller en cours. Je pars un peu en avance pour être à l’heure à l’entrainement du matin qui se tient de 10H45 à 12H45 puis je vais manger quand j’ai le temps et je repars en cours à Créteil pour 14H. 
L’entrainement de l’après-midi est généralement à 16H, à la suite de celui-ci je vais en balnéothérapie pour aider mon corps à récupérer de la grosse charge d’entrainement qu’on s’impose chaque jour. Je vais ensuite manger et je travaille sur les CM (Cours magistraux) que je n’ai pas pu suivre jusqu’à 22 heures à peu près, puis je m’endors.
 

7. Quels sont vos objectifs sportifs et professionnels à long terme ? 

AA  À long terme mes objectifs sportifs sont d’être champion olympique en 2024 et en 2028, champion du monde et champion d’Europe et tout ça avec de beaux mouvements qui feront lever les foules. Je suis ambitieux, je le sais ...
D’un point de vue professionnel j’aimerais soit monter mon entreprise, soit me servir de mes études pour aider au développement économique du judo en France et à l’international. 


8. Si vous deviez donner 3 conseils à un futur sportif de haut niveau et étudiant, quels seraient-ils ?

AA  Je te conseillerais d’abord de véritablement trouver des études qui te correspondent, car maintenir la rigueur nécessaire à la réussite d’un double projet te sera quasiment impossible si tu n’es pas profondément intéressé par ce que tu fais.
Ensuite n’aie pas peur de faire des démarches, de poser des questions, ou même de te déplacer et d’expliquer ta situation, car tu n’es pas un étudiant comme les autres. Et si tu as la chance d’avoir des enseignants et des responsables pédagogiques qui le comprennent ce sera beaucoup moins difficile pour toi. 
 Et enfin persévère parce que ce ne sera pas facile, tu devras faire beaucoup de sacrifices.


9. Pensez-vous avoir envie de transmettre un jour à des plus jeunes ce que vous apprenez chaque jour de ce parcours hors norme ? 

AA Je pense que j’aurais envie de transmettre les différentes valeurs, ce que nécessite un double parcours ; ainsi que tout ce que m’aura enseigné ce parcours qui est le mien. 

Merci champion ! La Faculté de sciences économiques et de gestion est fière de vous compter parmi ses étudiants.

AA Je vous remercie également de m’accompagner au quotidien, sans vous rien ne serait possible !